Wi-Fi et sécurité : WEP et WPA
Par 4n9e le 02-02-2005
Tour d'horizon des protocoles de sécurité liés au Wi-Fi
Sommaire :
I. Introduction
II. Ouat is Ouep ?
III. Ca y est, ca prend l'eau ?
IV. On bouche les trous avec WPA
V. Ca prend quand meme l'eau ?
I. Introduction
Les connexions à l'Internet via une infrastructure sans
fil type Wi-Fi tendant a se dévellopper de plus en plus,
il est interressant de s'arreter un instant sur la
problematique de sécurité posée par ce type d'acces.
Dans ce systeme, l'intégrité du transfert de données est
assuré par le système WEP, pour Wired Equivalent Privacy (on trouvera
aussi Wireless Encryption Privacy).
Nous verrons dans ce sujet une petite présentation
générale de ce protocole, et qui sait, un peu plus tard, nous pourrons apporter
de plus amples détails sur ce sujet, le but étant dans un premier temps de poser
les bases.
II. Ouat is Ouep ?
Le WEP est est donc le protocole privilégié dans le cas
de reseau sans fil WLAN (wireless local area networks). Il
est definit pour le standard Wi-Fi 802.11b. Il
intervient sur les deux couches inferieures du modèle OSI (data link et couche
physique).
Sa raison d'être est de proposer un degré de sécurité
équivalent a un reseau cablé, ce sur un reseau sans fil.
Evidement, les reseaux LAN sont intrisèquement plus
sécurisés que les WLANs du simple fait de la structure physique du reseau, ce
reseau étant le contenu d'une infrastructure fermée et definie (un immeuble, par
exemple).
Du coté du WLAN en revanche, l'environement est, du fait
de la propagation libre des ondes radio, indéfinit et plus ou moins ouvert,
ouvrant la porte aux possibilités d'acces non-autorisés.
Le but de WEP est donc de fournir cette sécurité
manquante au moyen de cryptage des données sur la partie de la connexion
supportée par les ondes radio.
La problématique intervient a ce niveau, puisqu'il est
mis en evidence des le départ que le WEP n'est pas aussi sécurisé qu'il le
devrait ou qu'il l'annonce.
III. Ca y est, ca prend l'eau ?
Certes un reseau Ethernet qui voit transiter des données
sur une infrastructure filaire non blindée emet lui aussi en forme de fuites un
certain nombre de ces données dans l'environement proche. Toutefois, il y a une
différence importante
avec un reseau WLAN, qui peut être écouté et intercepté
de facon totalement passive, sans acces physique ou
équipement couteux. En fait, tout ce dont il est besoin
a l'attaquant serait l'interface d'acces sans fil et
quelques connaissances de base.
Dans un reseau 802.11b, un point d'acces (AP)
agit comme une passerelle pour un groupe de machines qui lui sont reliées par
une infrastructure sans fil. A ce niveau, WEP authentifie les stations qui
cherchent a communiquer avec l' AP.
Malhereusement, il a été demontré par les chercheurs
d'Intel ,Berkeley , l'Université du Maryland et d'autres nombre de failles
fondamentales sur ce protocole.
Les AP et les stations échangent des données de service
pour établir et maintenir le reseau radio. Periodiquement,
le point d'acces transmet une trame contenant un
identifiant unique qui lui est propre, du nom de service set identifier (SSID).
Les stations transmettent a leur tour une trame pour retrouver et se signaler au
point d'acces
en question. Lorsque la station a trouvé son AP, celui
ci propose une méthode d'authentification.
Le probleme est que la méthode la plus courante par
defaut est l' Open System Authentication (OSA). Or en réalité, cette
methode n'offre absolument aucune authentification, mais une identification
simple. Dans OSA, il est donc possible a toute station de joindre le PA.
Une sécurité plus accrue est offerte par la
méthode SKA (Shared Key Authentication), méthode selon laquelle le AP
génère une clé aléatoire de 128 bits (appellons la KEY 1), et une trame
d'accueil en clair intiant la discution avec la station cherchant a se
connecter ; la clé permettra par la suite le cryptage du transit.
La station répond en renvoyant la donnée recue par
cryptage sur une autre clé (disons KEY 2), partagée celle ci entre l'AP
et les stations du reseau.
L'intégrité de ces séquences est verrifié par controle
de redondance cyclique systématiquement, et le même dialogue est alors amorcé
dans le sens inverse afin d'assurer une authentification mutuelle de la station
et de l'AP l'une vis a vis de l'autre. A chaque fois, la station ou l'AP qui a
envoye la trame d'accueil en clair, la recoit en crypté, la décrypte et si les
deux trames coincident, considère le correspondant comme autorisé.
La faille intervient lorsqu'un attaquant
intercepte cette séquence de présentation de l'AP aupres de la station :
de ce fait, il possède dans les trames détournées les
données claires, les données cryptées avec KEY 2,le vecteur
d'initialisation (IV) utilisé pour transformer le clair en chiffré et la clé de
cryptage du traffic KEY 1.
Du fait que le protocole WEP utilise l'algoritme de
cryptage RC4 (connu), l'attaquant dispose dès lors de suffisament
d'informations pour violer l'acces au reseau :il est possible de déduire de la
donnée RC4 les bits "XORés" a partir de la donnée claire pour aboutir à la
donnée cryptée. Connaitre cet élément, et le vecteur d'initialisation permet
donc de répondre par la suite a toute tentative de ré-authentification sans même
connaitre la véritable clé partagée KEY 2.
Il est primordial dès lors que ces protocoles
d'authentification soient couplés a des mesures de controle d'acces qui
permettent ou non a une machine particulière de s'inscrire, fût elle duement
authentifiée. Si on sait que sur le reseau, A,B, et C ont le droit de venir,
lorsque D(attaquant) s'inscrit et est authentifié, il n'a rien a faire dans le
reseau pour autant et doit être rejeté. Trois méthodes sont utilisées :
Une méthode sur certains AP est le controle
d'adresses MAC depuis l'AP d'après une liste d'adresses autorisées.
Toutefois, les MAC peuvent être sniffées puisqu'elles sont transmises en clair
dans les trames.
L'attaquant opère alors en mode promiscuous depuis sa
base sans-fil pour la capture de paquets, et devra
disposer de la capacité de spoofing de son adresse. Rien
d'impossible en somme.
Une autre consiste a affecter tout simplement un SSID
aux stations autorisées elles aussi, non pas seulement à l'AP.
Les stations doivent periodiquement le présenter durant
le traffic. Comme là aussi le systeme est particulièrement bien fait... Ce SSID
est envoyé, comme pour l'AP, en broadcast par les stations dans de nombreuses
trames durant le traffic... En clair, s'il vous plait ! On ne revient pas alors
sur le sniffing / spoofing (voir plus haut).
La troisieme consiste à combiner une authentification
au niveau station avec une authentification au niveau utilisateur.
On s'approche là du fonctionnement répandu d'Internet,
avec une base de donnée de couples Login::Pass
La faille de la méthode est alors la(les) même(s) que
dans tout systeme à mots de passe sur le Net. La encore, rien d'inenvisageable.
Disons même avec une pointe d'ironie que dans ce cas, la mission du WEP est
totalement remplie :
on a bien affaire à une protection EQUIVALENTE à
celle d'un reseau cablé (ie : intrinsèquement discutable)
Soulignons une autre difficulté touchant la sécurité
directe du reseau Wi-Fi norme 802.11b : son débit.
Le debit théorique étant de 11Mb/s, et chaque
opération de cryptage / décryptage occupant du temps précieux,
en règle générale afin de ne pas ralentir la connexion
la plupart des barrières de sécurité sont baissées (du reste, par defaut).
En effet, avec toutes ces barrières, le debit chute aux
alentours de 2Mb/s seulement (traffic de service inclus,
il en reste en réalité moins pour les données utiles).
La technologie 802.11g doit quant a elle offir un
debit théorique de 54 Mb/s par multiplexage OFDM (Orthogonal Frequency
Division Multiplexing)
Toutes barrières mises, on atteint alors un debit de
18 à 20 MB/s.
IV. On bouche les trous avec WPA
Face aux aberations de sécurité dont souffre le
protocole WEP, la solution WPA (Wi-Fi Protected Access) est develloppée.
Les innovations qu?apporte WPA sont les suivantes:
802.1x/EAP(Extensible Authentication Proto-col) au niveau authentification,
et TKIP(Temporal Key Integrity Protocol) en ce qui concerne le cryptage.
Dès lors, les clés sont uniques pour chaque client et
dynamiques : l? attaquant mettra donc plus de temps pour les casser. Une
premiere faiblesse a ce niveau est le choix d?avoir gardé l?algorithme de
cryptage RC4.
Pour information, WPA intègre aussi une protection
accrue de l?intégrité des donnees sans comparaison avec WEP, mais aussi et
surtout une protection contre les redondances de séquences (ce qui va empecher
de pouvoir rejouer certaines du coté attaquant)
La vraie innovation vient du coté de la norme 802.11i,
puisqu?elle introduit l?algorithme de cryptage AES (Advanced Encryption
Standard). Celui-ci se trouve plus puissant que DES et plus léger que
le triple DES. Un bon compromis donc, qui necessite néanmoins une
forte puissante de calcul. C?est pour cette raison que le changement de norme
intervient, puisqu?il est impossible a implementer sur les anciennes normes
utilisées par les premiers AP.
Face a cette evolution de normes, les solutions sont
d?attendre le develloppement d?interoperabilités véritables, ou de se tourner
vers des solutions propriétaires. En effet, certains fournisseurs tels que Cisco
annoncent une sécurité forte, en avance sur celle que devrait proposer le
standard WPA ou 802.11i dans un avenir proche.
V. Ca prend quand même l'eau ?
Sur ces normes, comme au niveau WEP, on trouvera nombre
de comportements d?utilisateurs qui, par negligeance, ouvrirons la voie aux
attaquants potentiels.
Par exemple, comme pour le filtrage OSA (voir paragraphe
sur le WEP), il est possible d?utiliser une particularité de Windows XP : dans
cet environement, la gestion du Wi-Fi est automatique et transparente. D?autant
que le DHCP attribue automatiquement une adresse à un poste présent dans le
réseau Wi-Fi.
Ceci a pour effet de donner la possibilité littéralement
d? «accrocher» un point d?acces proche faux et établir une passerelle entre deux
réseaux.
Ici, la solution est de désactiver la gestion wireless
sur les stations raccordées au réseau cablé.
Mais ce n?est pas tout. Les failles propres a WPA
existent-elles aussi. Citons en une pour exemple :
La sécurité sur WPA est assurée par le principe de
clé partagée (Pre Shared Key). Ainsi, sur chaque station du reseau est
stocké une phrase secrete definie par l?administrateur.
Or, le traffic est quand à lui crypté selon une clé qui
derive directement de 5 éléments : la clé partagée, le SSID, la longueur du SSID
et les adresses MAC des interfaces réseau du client et de sa borne.
A la lecture du paragraphe sur le WEP, on aura retenu
que lors des séquences d?authentification et pendant le traffic, on peut tres
simplement obtenir ces éléments par sniffing (ceux-ci étant transmits en clair
dans les trames). La seule inconnue pour reconstruire la clé de chiffrement est
donc la clé partagée, qui elle n?est jamais émise sur le reseau. Elle peut
potentiellement se déduire par forcage, si aucun systeme de detection
d?intrusion n?est en place.
Et pour le coup, le brute forcing est facilité par le
fait qu?on pourra constater que la majorité des interfaces utilisées pour
parametrer la clé partagée en limitent volontairement la taille.
C?est la société ICSA Labs qui a mis en evidence cette
faille, et recommande une clé d?au moins 20 caractères.
Comme on le voit, le deploiement d'une solution Wi-Fi
quelle que soit la technologie est subordonné à la connaissance du risque
encourut, tant que les protocoles de sécurité WEP et
autorisation d'acces n'évoluent pas vers plus de pragmatisme.
4N9e pour FutureZone, 2005