Debian GNU/Linux : La distribution universelle
Par Deimos le 09-07-2006
Présentation du projet Debian, Installation, ...
Sommaire :
I. Le projet Debian
I. 1. Un peu d'histoire avant tout
I. 2. Les statuts d'une release Debian
II. Préparation à l'installation : partitionnement
III. Installation de Debian Etch (netinstall)
III. Configuration de Debian Etch
III. 1. Configuration du système de base
III. 2. Installation et manipulation des paquets avec apt et dpkg
I. Le projet Debian
1. Un peu d'histoire avant tout
Debian a été créé en 1993 par Ian Murdock. Ce dernier a défini dans le Manifeste Debian les deux principales caractéristiques de ce nouveau système d'exploitation : une distribution basée sur le noyau Linux
non-commerciale et de
qualité.
Ainsi, Debian est la distribution GNU/Linux qui compte aujourd'hui le plus de paquets (15000). De plus, Debian est multi-plateforme ; en effet, elle est disponible sur
12 architectures (x86, SPARC, Alpha, PowerPC, ...). Il existe également des
sous-projets Debian, ce qui lui permet de recouvrir un très large public (à chacun sa Debian !) :
- Debian Jr. permet une approche simple et facile de Debian pour les enfants ayant moinsde 8 ans
- Debian-Med pour le milieu médical
- Debian-Edu pour le milieu scolaire
- Debian-Desktop afin de créer une distribution Debian simple d'utilisation basée sur un poste de travail
- Debian-Lex pour les cabibnets juridiques
- Debian-NP (Non-Profit) pour les organisations sans but lucratif
- Debian-Accessibility pour un milieu adapté aux personnes handicapées
- Debian-GIS pour un système basé sur les informations géographiques
- A/DeMuDi (Debian Multimedia Distribution) pour l'audio et la vidéo dans le milieu professionel
De plus, beaucoup de distributions sont basées sur Debian. On distingue ainsi Ubuntu Linux, Knoppix, Xandros, Mepis, Linspire, ...
2. Les statuts d'une release Debian
Chacun release Debian (nouvelle version de Debian) possède au fil du temps 3 ou 4 versions :
-
experimental : les releases ne passent pas toujours par cette étape. En effet, les releases en version experimental présentent de nombreux bugs dus à une non finanalisation de nombreux paquets et à d'importantes modifications à réaliser sur les paquets de base.
-
unstable : cette version "risquée" abrite les paquets derniers cris, mais également de graves bugs. Lors d'un bug, le testeur avertit le mainteneur du paquet, qui met à jour immédiatement le paquet, qu'il place sur le serveur. En moins de 24h, cette mise à jour du paquet est disponible sur tous les mirroirs Debian du monde.
-
testing: un paquet passe en version testing lorsqu'il a été compilé pour toutes les architectures et n'a pas subi de mise à jour récente (due à un bug détecté par un testeur). Ainsi ce paquet doit au moins avoir été 10 jours en version unstable (temps requis pour que les testeurs détectent des bugs).
-
stable : lorsqu'un paquet a atteint la perfection, le "Release Manager" (gestionnaire de version, titre important dans le communauté Debian) peut promettre un paquet pour qu'il passe en version stable.
Chaque release possède un nom, issu du film Toy Story. Chaque release unstable du projet Debian possède le nom de Sid. L'actuelle version testing se nomme Etch, et la version stable Sarge.
A présent, intéressons nous à la net install (installation par le réseau, il faut donc une connexion à Internet. Dans le cas contraire, vous pouvez acheter les 2 DVD de Debian dans divers magazines et l'installation sera à peu de choses près identiques) de la release actuellement en testing : Etch.
II. Préparation à l'installation : partitionnement
Avant de booter sur le CD de Etch, nous allons partitionner le disque dur afin d'avoir des partitions ayant un format de fichier compatible avec une distribution Linux (EXT2, EXT3, etc).
Un outil de partitionnement est disponible à partir de l'installateur de Etch, cependant il reste assez limité (redimensionnement des partitions impossible, ...) et son interface moins agréable qu'un outil de partitionnement tel que
Gparted. Nous allons utiliser Gparted, un outil de partitionnement basé sur Gnome, en
Live CD.
Tout d'abord, téléchargez Gparted en Live CD (vous le trouverez sur le site officiel,
http://gparted.sourceforge.net/) puis gravez l'image (.iso).
Une fois que vous avez booté sur le CD, vous avez cet écran, normalement :
Appuyez sur <Entrée>, patientez, puis choisissez <French> pour la langue, <azerty/fr-latin9.map> pour la charset (l'encodage des caractères, Latin9 étant la même norme que ISO-8859-15) et réglez la configuration de l'écran.
A présent, vous avez cet écran (il sera à coup sûr différent, ceci est uniquement pour l'exemple, je travaille sur une machine virtuelle) :
On créé tout d'abord une partition primaire EXT3 de 4Go (minimum) qui aura comme point de montage / (racine) :
Remarque : Pour ceux qui sont déjà familiers avec tout ce qui touche au partitionnement, intéressez vous à LVM (Logical Volume Manager), un système de gestion des partitions particulièrement intéressant. Vous trouverez toutes les explications sur ce système dans l'article de _EliO_ : "Utiliser LVM sous Linux" !
Puis une partition primaire EXT3 de 1Go, qui servira de point de montage pour /home (fichiers personnels de chaque user) et une partition linux-swap de 1Go en primaire également. J'obtiens ça :
Bien entendu, les tailles des différentes partitions sont relatives, si vous avez beaucoup d'espace, vous pouvez mettre 40Go pour votre partition EXT3 /home.
Il est très probable que vous ne puissez pas créer 3 partitions primaires comme je l'ai fait. En effet, il n'est que possible d'en créer 4, et si vous avez déjà un système d'exploitation tel que Windows ou une autre distribution Linux qui occupent des partitions primaires, vous devrez créer une partition étendue, puis des partitions logiques à l'intérieur de celle-ci.
Un conseil : si vous effectuez des opérations tel que le redimensionnement de partition, je vous conseille de faire un backup de vos données au préalable : on ne sait jamais, les outils de partionnement ne sont pas toujours surs à 100%, ou du moins cela dépend du format de fichier (EXT3, NTFS, etc) ...
III. Installation de Debian Etch (netinstall)
Tout d'abord, le téléchargement de l'image iso du cd d'installation par le réseau de Etch. On le trouve ici :
http://cdimage.debian.org/cdimage/. Choisissez ensuite la distribution ("etch_di_beta2/" pour Etch à l'heure ou j'écris cet article, car c'est la deuxième bêta de Etch mise en ligne), puis votre architecture (le plus souvent, "i386/" ou "ia64/" si vous avez un processeur 64bits), et enfin le support sur lequel vous voulez votre Cd d'installation ("iso-cd/" dans notre cas).
Téléchargez donc
debian-testing-i386-netinst.iso et gravez l'image, bootez sur le CD. Vous obtenez cet écran :
Si vous souhaitez effectuer l'installation en mode expert (vous pourrez choisir les différentes actions que l'installateur doit exécuter), installer un kernel particulier ou passer des paramètres (par exemple concernant l'ACPI - interface avancée de configuration et d'énergie), vous pouvez appuyer sur F1 pour voir les différents menus :
- F3 pour les différentes méthodes de boot (expert, install24, expert24)
- F4 pour lancer le "linux rescue". Cette option de boot vous laisse un shell, ce qui vous permet de sauver une installation d'une distribution GNU/Linux déjà existente. Personnellement, je me sers de cette commande de boot pour installer GRUB, si jamais celui-ci est effacé ou endommagé.
- F5 à F8 : les différents paramètres de boot (par défaut, aucun paramètre n'est a entré)
En premier lieu, on choisit la langue (Français), le pays (France) et la norme dencodage de caractères (Latin-9) :
Puis l'installateur détecte automatiquement le matériel : il charge tous les modules nécessaires au matériel détecté. Cette étape est le plus souvent automatique. Puis il monte le lecteur CD pour lire son contenu. Effectivement, avant cette étape, toutes les actions effectuées par l'installateur provenaient de l'image de boot du CD, chargée en mémoire par le BIOS.
Remarque : "monter un périphérique" signifie intégrer le contenu de celui-ci dans l'arborescence du système. Sous Debian, on monte les périphériques avec la commande
mount et on les démonte avec la commande
umount .
L'installateur détecte ensuite le matériel réseau. A nouveau, cette étape est automatique dans la plupart des cas. Si votre carte réseau n'est pas détectée, il vous sera demandé de la sélectionner dans une liste, manuellement. Puis le serveur DHCP est configuré automatiquement (dans mon cas, le serveur DHCP est ma Freebox). Dans le cas où vous ne voudriez pas utiliser le serveur DHCP de votre réseau, vous devez booter avec le paramètre
netcfg/use_dhcp=false.
A présent, vous devez configurer le réseau, en entrant le nom de votre machine. En ce qui concerne le nom de domaine, vous pouvez le laisser vide.
L'installateur démarre à présent
partman, l'outil de partitionnement intégré à l'installateur. Choisissez "Modifier manuellement la table de partitions". Dans le cas contraire, Debian utiliserait tout l'espace disponible. J'obtiens cet écran, et on constate (heureusement) que la table de partitions correspond bien à ce que l'on a fait sous
Gparted :
Tout ce qu'il reste à faire est de définir les partitions que l'installateur peut utiliser et les points de montage correspond à chaque partition. Pour cela, allez sur la première partition, appuyez sur <Entrée>, puis appuyez à nouveau sur <Entrée> pour "Utilisez comme" et sélectionnez le fichier de système EXT3 :
Choisissez aussi comme point de montage "/" et de formater la partition. Vous devez obtenir cet écran (seule la taille de la partition peut varier) :
Une fois le paramétrage de la première partition effectué, paramétrez la seconde partition. Choisissez également EXT3 comme système de fichiers et le formatage, mais prenez "/home" comme point de montage. EN ce qui concerne la partition SWAP, pas besoin d'y toucher, Debian la détecte et l'utiliser automatiquement. J'obtiens au final :
Appliquez les paramètres. L'installateur effectue les actions de partitionnement, puis démarre l'installation du système de base :
Une fois le système de base installé, se déroule l'installation du chargeur d'amorçage : GRUB. Par défaut, choisissez toujours d'installer GRUB sur le secteur d'amorçage (MBR) : Debian détecte automatiquement les autres OS (Operating SYstem - système d'exploitation) installés et les rajoute au menu de GRUB :
III. Configuration de Debian Etch
1. Configuration du système de base
Après que l'installateur ai redémarré la machine, vous êtes sur votre nouveau système GNU/linux Debian, version testing : Etch !
Lors de votre boot sur Debian, il se démarre automatiquement la configuration du système de base. Si vous voulez par la suite repasser cette étape, il vous suffira de taper la commande
base-config :
base-config vous demande votre mot de passe root (super-utilisateur, l'administrateur du système) puis votre login et mot de passe d'utilisateur que vous utiliserez quotidiennement. Enfin,
apt (le gestionnaire de paquets Debian) demande à partir de quel source vous voulez télécharger les paquets. C'est le point où la netinstall diffère d'un installation standard par CD ou DVD : on choisit "http", sinon, on aurait choisi "cédérom" :
On choisit à présent le mirroir Debian à partir duquel on va télécharger les paquets. Personnellement, je choisis toujours debian.ens-cachan.fr : mon débit avoisine toujours les 250ko/s et le serveur est toujours up :
2. Installation et manipulation des paquets avec apt et dpkg
Il existe plusieurs façons d'installer les paquets sous Debian à partir d'une source (CD, DVD, serveur http, ftp, etc).
- On peut utiliser
aptitude en console ou
synaptic ou
gnome-apt :
- On peut utiliser les commandes
apt-get,
apt-cache :
apt-get update : met à jour la liste des paquets disponibles sur le mirroir Debian sélectionné dans le fichier /etc/apt/sources.list (ce fichier contient les sources que l'on utilise pour télécharger les paquets Debian). Cette commande doit être exécuter à chaque MAJ du fichier /etc/apt/sources.list
apt-get install nom_du_paquet : installe un paquet
apt-get remove nom_du_paquet : supprime un paquet
apt-get upgrade : met à jour tous les paquets installés. Cette commande doit être précédée de
apt-get update
apt-cache search nom_du_paquet_cherche : permet de trouver le nom exact d'un paquet
Le contenu de mon /etc/apt/sources.list :
dpkg est l'utilitaire de Debian permettant de manipuler les paquets. Il permet d'installer les fichiers .deb que vous téléchargez. Quelques commandes utiles :
dpkg -i paquet.deb : installe le paquet fichier.deb
dpkg -l : liste tous les paquets installés
dpkg-reconfigure paquet : permet de reconfigurer un paquet
Un dernier utilitaire peut être intéressant dans la manipulation de paquets sous Debian. Le principal concurrent des paquets .deb étant le format RPM des distributions GNU/Linux Red Hat, un utilitaire permet de convertir les .rpm en .deb : il s'agit de
alien.
La syntaxe est la suivante :
alien --to-deb paquet.rpm
Nous allons donc finir l'installation des paquets de notre système Debian. Si vous avez déjà installé Debian, vous devriez savoir quels paquets installés. Si vous souhaitez une interface graphique et KDE, installez les paquets suivants :
xserver-xfree86 x-window-system kdm kde avec la commande apt-get install.
xserver-xfree86 : XFree86 est un serveur X (X Window System). Il permet l'interaction entre les périphériques (clavier, souris, etc) et l'interface graphique.
x-window-system : le système X Window System
kdm : (KDE Display Manager) l'interface graphique du gestionnaire de connexion. Installez plutôt
gdm si vous choisissez d'utiliser gnome, ou
xdm.
kde : l'interface graphique KDE (vous pouvez aussi installer gnome, ou autre)
Reste à installer quelques utilitaires ou autres paquets, tels que, par exemple, perl, gaim, xchat, firefox (toujours avec apt-get :
apt-get install perl gaim xchat mozilla-firefox)
On obtient donc une distribution Debian avec KDE comme interface graphique, prête à l'emploi :
Deimos, pour Futurezone